Santé des femmes : les biais de la recherche médicale

17 mars 2026

Santé des femmes : les biais de la recherche médicale

17 mars 2026

Santé des femmes : les biais de la recherche médicale

L’égalité se construit dans tous les domaines de la société, la santé n’échappe pas à cette réalité.

Pendant longtemps, la recherche médicale s’est principalement appuyée sur des données issues d’études menées chez les hommes. Les résultats obtenus ont ensuite été généralisés à l’ensemble de la population, sans toujours tenir compte des différences biologiques, hormonales ou physiologiques entre les sexes.

Aujourd’hui encore, ces biais peuvent avoir des conséquences concrètes : effets indésirables plus fréquents, traitements moins adaptés ou retards de diagnostic pour certaines pathologies.

Une recherche médicale longtemps construite au masculin

Pendant des décennies, les femmes ont été sous-représentées dans les essais cliniques.

Les résultats de nombreuses études ont été obtenus à partir de cohortes majoritairement masculines, puis extrapolés aux femmes.

Pourtant, le sexe biologique peut influencer de nombreux paramètres : la manière dont une maladie se manifeste, la réponse à certains traitements ou encore la survenue d’effets secondaires.

Selon une étude du Parlement européen, ce manque de prise en compte des différences entre les sexes a contribué à créer d’importantes lacunes dans les connaissances médicales concernant la santé des femmes.

Des conséquences concrètes pour la santé des femmes

Ces biais dans la recherche ne sont pas seulement théoriques. Ils peuvent avoir des répercussions directes sur la prise en charge médicale. Ils peuvent entraîner :

  • des diagnostics plus tardifs
  • des traitements moins adaptés
  • une augmentation des effets indésirables

Certaines pathologies spécifiquement féminines, comme l’endométriose ou les fibromes utérins, ont longtemps été sous-étudiées et sous-diagnostiquées.

Des pathologies dites « générales », comme les maladies cardiovasculaires, certaines maladies auto-immunes ou les rhumatismes, peuvent également être sous-diagnostiquées ou moins bien prises en compte chez les femmes.
Le Conseil économique, social et environnemental souligne ainsi que les inégalités de genre influencent encore aujourd’hui l’accès au diagnostic et aux traitements.

Les maladies rhumatismales : un enjeu majeur pour la santé des femmes

Dans le domaine des rhumatismes et des maladies auto-immunes, la question est particulièrement importante. De nombreuses pathologies touchent en effet majoritairement les femmes.

La polyarthrite rhumatoïde, le lupus ou encore certaines spondyloarthrites concernent une proportion élevée de patientes. Pourtant, les spécificités biologiques et hormonales peuvent jouer un rôle dans l’apparition de la maladie, l’évolution des symptômes ou la réponse aux traitements.

Des travaux menés en rhumatologie mettent également en lumière une autre réalité : les douleurs exprimées par les femmes peuvent parfois être minimisées ou moins bien prises en compte, ce qui peut entraîner des retards de diagnostic ou des parcours de soins plus longs. Ces phénomènes ont notamment été étudiés par le Laboratoire LabRHA.

Mieux comprendre la santé des femmes : un enjeu scientifique et sociétal

Face à ces constats, les institutions européennes et les acteurs de la recherche appellent à mieux intégrer les différences biologiques entre les sexes dans les études scientifiques.

Plusieurs pistes sont aujourd’hui mises en avant :

  • inclure davantage de femmes dans les essais cliniques
  • analyser les résultats en tenant compte du sexe et du genre
  • renforcer la recherche sur les maladies qui touchent majoritairement les femmes
  • améliorer la formation des professionnels de santé sur ces enjeux

Ces évolutions sont essentielles pour développer une médecine plus précise et plus équitable.

Le rôle de la Fondation Arthritis

À la Fondation Arthritis, ces questions sont au cœur des préoccupations. Nous constatons chaque jour combien les maladies auto-immunes et rhumatismales concernent majoritairement les femmes.

Soutenir la recherche permet de mieux comprendre les mécanismes de ces pathologies, d’améliorer le diagnostic et de développer des traitements plus efficaces.

Favoriser une recherche plus inclusive contribue également à réduire les inégalités en santé et à améliorer la prise en charge des patientes et des patients.

Vers une médecine plus inclusive

L’égalité en santé ne se limite pas à l’accès aux soins. Elle commence bien en amont, dès la recherche scientifique.

Mieux prendre en compte les spécificités biologiques entre les femmes et les hommes permet non seulement de corriger des biais historiques, mais aussi d’améliorer la qualité de la médecine.

Investir dans une recherche plus inclusive, c’est contribuer à construire une médecine plus efficace, plus juste et plus adaptée à toutes et tous.Sources :

Étude du Parlement européen sur les inégalités de genre en santé (2025)

Analyse du Conseil économique, social et environnemental sur l’impact des inégalités de genre sur la santé des femmes (2024)

Travaux du Laboratoire LabRHA sur les spécificités hormonales en rhumatologie